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Guy Debord


 

 

 

 

 

 

 

{«Le monde possède déjà le rêve d’un temps dont il doit main-tenant posséder la conscience pour le vivre réellement.... » Proposition 164 }

 

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Debord, Guy (1931-1994), écrivain et cinéaste français, figure importante de l’avant-garde après la Seconde Guerre mondiale. Cofondateur de l’Internationale Situationniste, il a contribué, par son analyse de la société moderne, à l’émergence des événements de mai 1968.

Comme beaucoup de jeunes de sa génération, Debord est très tôt attiré par les avant-gardes artistiques. Séduit dans un premier temps par le surréalisme, il juge le groupe de Breton obsolète et se tourne un temps vers le lettrisme d’Isidore Isou. Il rompt avec ce dernier pour fonder, avec Gil. J. Wolman, l’Internationale Lettriste, en 1952, prélude « artistico-politique » au situationnisme. Fortement inspiré par Hegel, Debord veut faire table rase du passé et cherche à construire une nouvelle culture qui mêle l’art et la vie. Il expose ses conceptions dans les revues Potlach et les Lèvres nues (1954-1958) et participe en 1957, avec plusieurs artistes issus notamment du mouvement Cobra, à la fondation de l’Internationale Situationniste, dont il sera l’un des principaux animateurs et dont il dirigera l’organe éponyme (Internationale Situationniste, 1958-1969). En 1967, il publie la Société du spectacle, essai dans lequel, s’inspirant de la pensée de Marx et de certains de ses successeurs, dont Lukács, il condamne les dérives de la société de consommation où la représentation passe avant la réalité, aliénant l’être dans une comédie capitaliste tragique. Ce livre trouvera un écho favorable dans les milieux estudiantins les plus radicaux à la veille de Mai 68, mais les ambitions de Debord resteront lettre morte après l’échec de l’Internationale Situationniste (dissoute en 1972), qu’il considère récupérée par « le spectaculaire ». Il se retire alors de la scène culturelle pour ne pas tomber dans les pièges qu’il dénonçait. Dans ses Commentaires sur la société du spectacle (1988), il revient sur ses conceptions, mais vingt ans après l’effervescence d’une « révolution culturelle » qu’il aura contribué à provoquer, il ne trouve plus de véritable public. Il met fin à ses jours en 1994. Guy Debord a également réalisé quelques films à faible diffusion, dont l’adaptation de son essai la Société du spectacle en 1973.

 

 

 

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