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Boris Vian

Wednesday, May 2, 2007

{"Que sais-je?"}

 

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I have the following texts by Vian online:

  • L'arrache coeur
  • L'écume des jours
Boris Vian  

Vian, Boris
1 PRÉSENTATION

Vian, Boris (1920-1959), écrivain, chansonnier et musicien de jazz français, auteur de l'Écume des jours, devenu une figure mythique de la littérature française.

2 VIVRE LE PLUS INTENSÉMENT POSSIBLE

Né à Ville-d'Avray, près de Paris, Boris Vian commence des études de philosophie mais, désireux de s'orienter vers le métier d'ingénieur, il prépare ensuite, au lycée Condorcet, le concours de l'École centrale où il est admis en 1939. Il devient ingénieur en 1942. Atteint d'une maladie de coeur dès l’âge de quinze ans, qu'il transpose sous la forme poétique d'un nénuphar dans son roman l'Écume des jours, il semble avoir souhaité vivre le plus intensément possible, multipliant les activités et les expériences.

2.1 Entre jazz-

Ce passionné de jazz devient naturellement l'une des figures les plus connues des nuits de Saint-Germain-des-Prés. Trompettiste de talent, il fait d’abord partie, en 1942, d’une formation dirigée par le clarinettiste Claude Abadie (dans le style dixieland), puis joue avec Claude Luther (1944). À la tête de son propre orchestre, il anime une boîte devenue célèbre, Le Tabou. Il écrit également pour les revues Jazz Hot, Combat, Art, Jazz News, Spectacle et entre chez Philips comme directeur artistique. Ses Écrits sur le jazz, publiés en 1981 et 1982, regroupent l'ensemble des textes épars qu'il a consacré à sa musique favorite.

2.2 - chansons-

Vian est un parolier et un interprète insolent : sa chanson « le Déserteur » (1954, musique de Vian et Harold Berg), longtemps interdite sur les ondes nationales, fait scandale pendant les guerres d'Indochine et d'Algérie. Il compose près de cinq cents chansons qu’il interprète lui-même ou qui fleurissent au répertoire d’artistes comme Serge Reggiani, Juliette Gréco, Yves Montand, Henri Salvador et Mouloudji. Parmi les plus célèbres, les chansons « J’suis snob » (1954) et « On n’est pas là pour se faire engueuler » (1954), accompagnées par des musiques de Jimmy Walter, « Je bois » (1955), « la Java des bombes atomiques » (1955) et « Fais-moi mal, Johnny » (1956), interprétées, entre autres, par Reggiani et Magali Noël, sur des musiques d’Alain Goraguer.

2.3 - et amour des mots

S'il fréquente les existentialistes dans les cafés -- il tient une « Chronique du menteur », qui lui est réservée dans la revue de Jean-Paul Sartre, les Temps modernes --, il reste avant tout un grand admirateur d'Alfred Jarry, père de la pataphysique. Son goût prononcé pour les jeux de langage (mots-valises, néologismes, détournements de sens, expressions prises au pied de la lettre, contrepèteries, etc.) rappelle également Raymond Queneau et Henri Michaux.

3 LE SCANDALEUX VERNON SULLIVAN

C'est sous le pseudonyme américain de Vernon Sullivan que Boris Vian écrit son premier livre, qu'il propose au public comme le récit d'un auteur américain dont lui-même ne serait que le traducteur. C’est une sorte de thriller violent et provocateur intitulé J'irai cracher sur vos tombes (1946). Le héros de ce récit est un jeune Noir américain qui décide de venger le lynchage de son frère cadet, assassiné par les Blancs. Doté de l'apparence d'un Blanc par un curieux caprice de la nature, il peut s'introduire dans les milieux huppés de la bourgeoisie blanche ; il séduit alors deux soeurs, créatures superbes issues des meilleures familles, les tue sauvagement l'une et l'autre avant d'être lui-même pendu par la police. L'oeuvre, qui traite du racisme, de la violence et de la sexualité, provoque un énorme scandale en France : la presse se déchaîne et l'« affaire » est portée jusque devant les tribunaux ; le livre est interdit pour incitation à la débauche. Toujours sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, Vian récidive avec des romans comme Elles se rendent pas compte (1948) ou Et on tuera tous les affreux (1948), placés tous les deux également sous le signe de la sexualité et du scandale.

Sous son nom véritable, il publie des romans d'un ton moins violent mais tout aussi désespéré : Vercoquin et le Plancton (1946), l'Automne à Pékin (1947), l'Herbe rouge (1950) et l'Arrache-Coeur (1953).

4 L’ÉCUME DES JOURS

L’oeuvre la plus connue de Boris Vian, et peut-être son chef-d'oeuvre, demeure l'Écume des jours (1947), une histoire d'amour déchirante, aujourd'hui encore lue avec une grande ferveur par nombre d’adolescents. Ce livre a pour héros Colin, qui aime le jazz « Nouvelle-Orléans » (voir New Orleans), les plats de son cuisinier Nicolas, la patinoire Molitor et son amie Chloé. Leur ami Chick, quant à lui, collectionne les livres de Jean-Sol Partre. L’Écume des jours commence de façon idyllique, puisque le monde, animé ou inanimé, forme un berceau harmonieux pour les deux amants : le bonheur est partout. Mais bientôt Chloé tombe malade et se met à tousser : la maladie est transposée sous la forme d'un nénuphar qui pousse dans sa poitrine, rongeant un de ses poumons. Avec la maladie qui tue Chloé inexorablement, le monde rieur laisse petit à petit la place à la tristesse et à la laideur ; l’appartement des jeunes gens se contracte ; la mort touche tous les êtres qui entourent la jeune femme : Chick est tué par un « agent d’armes », Alice, son amie, tue Jean-Sol Partre, et Colin, ruiné, obligé de travailler, finit par se suicider. Cette histoire émouvante et tragique est hantée par l'angoisse de la maladie qui détruit la jeunesse. Les héros manquent leur passage à l’âge adulte, meurent ou disparaissent de ne pas pouvoir se soumettre à ses contraintes et à ses normes (travail, argent, amour, mariage, paternité).

5 UNE OEUVRE FOISONNANTE

Amoureux des idées, jongleur de mots, Boris Vian s’essaie à tous les genres littéraires. Il publie des nouvelles telles que les Fourmis (1949) ou le Loup-Garou (1964), des recueils de poèmes comme Cent sonnets (1941-1944), Cantilènes en gelée (1950) ou Je voudrais pas crever (1962), et des pièces de théâtre aux dialogues décousus, aux personnages dont les comportements sont incompréhensibles, qui relèvent du théâtre de l'absurde et expriment le caractère désespéré de l'existence humaine : l'Équarrissage pour tous (1948), comédie noire créée en 1950, se déroule dans un abattoir en 1944, tandis que les Bâtisseurs d'empire (1959), tragédie burlesque, voit une famille lentement conduite en haut de sa propre maison par un personnage étrange et silencieux, le Schmürz. Vian écrit également des comédies musicales, des comédies-ballets, et même des livrets d'opéra comme le Chevalier de neige (musique de Georges Delerue, 1957) et Fiesta (Darius Milhaud, 1958). Ses talents littéraires le portent également vers le grand écran ; il est l’auteur d’une vingtaine de scénarios écrits entre 1941 et 1958 (aucun n’a été porté à l’écran), et de quelques nouvelles cinématographiques (1946).

Malade depuis son enfance, Vian est terrassé par une crise cardiaque à l'âge de trente-neuf ans. Son oeuvre romanesque ne connaît un large succès qu’après son décès. Sa mort prématurée, son univers de rêves déçus, ont contribué à l’élaboration d’un véritable mythe.

 

 

 

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