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Jules Barbey d'Aurevilly


 

 

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Diaboliques, les [Barbey d'Aurevilly], recueil de nouvelles de Barbey d’Aurevilly, publié en 1874.

C’est entre 1866 et 1871 que Barbey d’Aurevilly travaille à ses Diaboliques. Ce recueil de six nouvelles forme un tableau sans concession de la vie de la noblesse de province dans la seconde moitié du xixe siècle. Un mois à peine après sa publication en 1874 débute le scandale : le livre est saisi par le parquet et les exemplaires détruits. Les Diaboliques ne sera réédité qu’en 1882.

Ces histoires, comme préfère les appeler Barbey, « ont pourtant été écrites par un moraliste chrétien, mais qui se pique d’observation vraie, quoique très hardie », note-t-il dans sa préface. Il a, en effet, choisi de montrer l’horreur des choses dont il parle, et c’est la passion, le mystère, le danger, la profanation, le scandale, la vengeance qui sont au cœur de ces histoires « diaboliques », dont les héroïnes allient les passions les plus frénétiques à une impassible cruauté. La plupart des nouvelles ont pour cadre Valognes, dans la Manche, région où Barbey d’Aurevilly a passé son enfance. Et dans ce monde plongé dans l’oubli et la brume, tout ce qui affleure révèle des drames épouvantables ou des crimes impunis. Ainsi, dans la nouvelle « le Bonheur dans le crime », le mari et la maîtresse, qui ont patiemment empoisonné l’épouse légitime, vivent-ils heureux et sans remords.

Dans chaque nouvelle, d’un style flamboyant, « il y a l’oreille qui écoute le conte, il y a l’œil qui suit l’action et guette l’effet produit sur l’auditoire, et il y a la mémoire qui habille le conte » (Julien Gracq).

Jules Barbey d'Aurevilly  

Barbey d'Aurevilly, Jules Amédée
1 PRÉSENTATION

Barbey d'Aurevilly, Jules Amédée (1808-1889), écrivain français, dont l’œuvre originale, à mi-chemin entre le romantisme et le symbolisme, est à l’origine de l’« écriture artiste ».

2 UN ÉTRANGER À SON SIÈCLE

Issu de la petite noblesse normande, austère et profondément catholique, Jules Amédée Barbey d’Aurevilly passe son enfance à Saint-Sauveur-le-Vicomte — où il est né — puis à Valognes (Manche). Là, il fréquente un de ses oncles médecin, acquis aux idées libérales et qui exerce sur lui une profonde influence. En 1827, il se rend à Paris pour faire ses humanités et y rencontre Maurice de Guérin, dont il devient un très proche ami. Bachelier, il entreprend des études de droit à Caen, où il fonde avec Trebutien (qui sera son premier éditeur et avec qui il échangera une importante correspondance) l’éphémère Revue de Caen (1832).

Un moment républicain et athée, Barbey finit, sous l’influence de Joseph de Maistre, par adhérer à un monarchisme intransigeant qui correspond mieux à son mépris pour la médiocrité d’un siècle bourgeois. Sans pour autant renoncer à une vie élégante et désordonnée conforme aux principes du dandysme, dont il se fait, par ailleurs, le théoricien (Du dandysme et de George Brummel, 1845), il se convertit au catholicisme en 1846 et devient un défenseur féroce de l’ultramontanisme et de l’absolutisme.

Après un premier roman (l’Amour impossible, 1841) qui passe presque inaperçu, il commence une carrière de critique littéraire qui le conduit à collaborer au Globe, puis aux Débats, au Constitutionnel, au Nain jaune, à la Revue de Paris, ou encore à la Presse d’Émile de Girardin (la plupart de ses articles sont réunis dans les Œuvres et les Hommes, dont les nombreux volumes sont publiés entre 1860 et 1895). Polémiste redouté et courageux, il fustige aussi bien les prétentions anticléricales du positivisme (il attaque notamment Zola, Scribe et Renan), que les mesquineries du parti catholique.

3 UNE EXPLORATION DU MAL

Barbey est surtout connu pour ses romans, ainsi que pour son recueil de nouvelles les Diaboliques (1874), qui mêlent un réalisme historique, enraciné dans son Cotentin d’origine, à un surnaturalisme exalté. Son œuvre est tout entière consacrée aux puissances dévastatrices de la passion, qu’elle soit charnelle (Une vieille maîtresse, 1851), filiale (Un prêtre marié, 1865 ; Une histoire sans nom, 1882), politique (le Chevalier Des Touches, 1864) ou mystique (l’Ensorcelée, 1855). Celle-ci libère chez ses personnages des forces insoupçonnées qui les condamnent le plus souvent au crime.

Cette littérature de l’insolite et de la transgression, qui plonge le lecteur dans un univers surhumain, a été généralement mal comprise à l’époque (on a accusé notamment Barbey d’immoralisme et de sadisme). Inclassable, elle transcende en fait les codes du réalisme et du symbolisme et renoue avec un certain romantisme flamboyant et violent. Toutefois, plusieurs écrivains (dont Baudelaire) ont loué le talent extravagant de Barbey, qui s’est vu entouré, à la fin de ses jours, d’une véritable cour de « disciples », au rang desquels figuraient Léon Bloy, Huysmans, Péladan et Paul Bourget. Enfin, le catholicisme embrasé de Barbey exercera une profonde influence sur l’œuvre de Bernanos.

 

 

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